APPN

Enseigner les APPN au second degré en toute sécurité, circulaire du 19 avril 2017 – Cas particulier de l’escalade

Compétition UNSS en France

Cet article présente les points essentiels à retenir de la nouvelle circulaire sur l’enseignement des APPN en milieu scolaire. Il reprend également les points et recommandations à observer pour l’activité escalade.

L’enseignement et la pratique volontaire des APPN s’inscrivent pleinement dans le parcours de formation d’un élève. Ces activités, telles que l’ escalade, la course d’orientation, le VTT, le canoë-kayak ou la voile, constituent en premier lieu un champ d’apprentissage spécifique et obligatoire de l’EPS. En fonction de l’APPN pratiquée, les élèves vont pouvoir développer des compétences pour « se déplacer en sécurité en s’adaptant à des environnements variés naturels ou artificiels » (champ d’apprentissage 2 ou CP2).

Ces activités peuvent être également proposées dans le cadre des enseignements facultatifs ou de complément, des sections sportives scolaires, des associations sportives et des stages, projets ou sorties APPN.

Au-delà de leurs apports spécifiques sur le plan moteur, ces activités trouvent leur intérêt dans l’éducation à la sécurité par l’apprentissage de la maîtrise des risques lors de la confrontation avec des milieux incertains et changeants, avec des contraintes liées à la variabilité de l’environnement. De plus, elles renforcent la solidarité et la coopération. En vivant des situations éloignées du quotidien, les élèves apprennent à observer, écouter, prendre conscience de leurs limites et ainsi mieux les repousser sans jamais les dépasser.

2 directives indiquent les exigences strictes de sécurité définissant les conditions spécifiques d’exercice de ces enseignements et de ces pratiques dans le cadre scolaire:

Note de service n° 94-116 du 9 mars 1994
Circulaire n° 2004-138 du 13 juillet 2004

Cette nouvelle circulaire énonce des conseils et des recommandations spécifiques aux APPN devant être pris en compte à la fois dans le cadre d’une réflexion académique et dans la pratique quotidienne des enseignants.

Une annexe relative à l’escalade la complète. D’autres APPN (ski alpin, course d’orientation, VTT, randonnée pédestre) donneront également lieu à des annexes qui seront publiées ultérieurement. Parallèlement, en partenariat avec l’UCPA, un guide relative aux sports de nature en séjours scolaire a été publié en décembre 2016.

Télécharger la circulaire [PDF]
Télécharger le guide « Les sports de nature en séjours scolaires » [PDF]

La circulaire : les points principaux

I. Principes généraux

Pour la sécurisation des pratiques et la graduation des niveaux d’engagement proposés

  • Respecter des principes et règles de sécurité active et passive optimale
  • Favoriser l’acquisition progressive d’une pratique autonome tout en garantissant la sécurité optimale des élèves.
  • Garantir de façon pleine et entière une chaîne de sécurité et de contrôle fiables, qui ne peuvent être déléguées. C’est une obligation professionnelle.
  • Savoir renoncer, apprendre à l’élève renoncer
  • Différencier les niveaux d’engagement selon si la pratique a lieu dans l’enseignement obligatoire ou facultatif (AS, sortie scolaire, section sportive..). Ce niveau d’engagement doit être adapté aux ressources des élèves.
  • S’engager avec des effectifs réduits adaptés aux conditions matérielles de pratique
  • Organiser des regroupements d’élèves de niveau de compétence homogène

II. Responsabilités, protocoles et formation professionnelle

L’enseignant reste, quel que soit le niveau d’évolution des élèves et quel que soit le dispositif concerné, responsable des choix pédagogiques proposés, même en présence d’un intervenant extérieur éventuel. La chaîne de sécurité et de contrôle, ainsi que la surveillance des élèves sont donc de sa responsabilité. Celle-ci ne peut être déléguée à des élèves.

Le chef d’établissement veille à ce que les conditions d’organisation des APPN répondent aux exigences de sécurité. Il a toute légitimité pour autoriser ou interdire une sortie ou un projet.

La mise en place de protocoles de sécurité pour chacune des APPN pratiquées [dans l’académie] sont nécessaires afin de synthétiser les opérations incontournables à vérifier et à effectuer avant, pendant et après la leçon d’EPS, mais également lors des séquences d’As ou d’enseignement facultatif. Ces protocoles et l’acquisition des compétences professionnelles en matière de sécurité doivent faire l’objet de formation sur le plan académique [Plan Régional de Formation]

Enseigner l’escalade : recommandations

Les programmes du collège et du lycée définissent des niveaux de compétence qui font référence à une pratique en moulinette puis ouvrent la possibilité de pratiquer l’escalade en tête aux niveaux 4 et 5 de compétence. L’évolution de la pratique de l’escalade en moulinette vers l’escalade en tête doit être très progressive et se réaliser seulement à partir du moment où les élèves ont acquis les compétences nécessaires pour débuter cette pratique en sécurité.

L’analyse des accidents en escalade révèle clairement et de façon récurrente deux causes majeures :

  • défaut d’assurage
  • encordement mal confectionné

Points de vigilance essentiels à observer

Les conditions matérielles

  • Contrôle visuel par les enseignants du mur, des ancrages, des relais, des tapis. Assurer le contrôle périodique de la SAE par un organisme agréé
  • Contrôle périodique visuel et tactile des équipements de protection individuelle (EPI) selon la norme décret n° 2004 -249 du 19 mars 2004 et la norme NFS72701 : corde, dégaines, baudrier, système d’assurage. Un contrôle complet une fois par an est obligatoire. Un registre de gestion des EPI est tenu à jour.
  • Contrôle de la longueur suffisante des cordes
  • Signaliser les couloirs de grimpe avec un code couleur pour les cordes utilisées
  • Vérification systématiquement par l’enseignant des encordements sur le ou les pontets du baudrier avant de grimper

Le site doit être sécurisé et les différentes zones de travail délimitées (échauffement, travail, observation, repos).  L’équipement des voies s’effectue sous la responsabilité et le contrôle du professeur.

Télécharger les recommandations fédérale de la FFME pour la gestion des EPI [2009, PDF]

La maîtrise du déroulement du cours par l’enseignant

  • Adapter le nombre d’élèves simultanément actifs sur le mur à la configuration de la SAE, à ses possibilités de contrôle et aux caractéristiques motrices et comportementales des élèves
  • S’assurer que les cordées sont équilibrées avec un différentiels de poids inférieur si possible à 10 kgs, obligatoirement pour de l’escalade en tête.
  • Porter un baudrier, équipé d’une longe, d’une ou deux dégaines, et d’un système frein afin de pouvoir intervenir rapidement en tout point du mur ou pour porter assistance à un élève.
  • Maitriser les gestes élémentaires d’assistance à un élève en difficulté en hauteur ;
  • Insister sur le strict respect par les élèves des règles installées, en impliquant chacun des acteurs dans l’apprentissage rigoureux des gestes sécuritaires
  • Être informé des exigences des protocoles de sécurité

Recommandation techniques

Pour l’encordement

  • Baudrier ajusté et serré au-dessus de la taille et par-dessus les vêtements, sangles non vrillées. Les vérifications mutuelles entre élèves (grimpeur /assureur) doivent être systématiques et permanentes
  • Encordement réalisé directement sur le ou les pontets du baudrier à l’aide d’un double noeud de « huit » confectionné le plus près possible du pontet, complété par un noeud d’arrêt (nouer simple ou noeud de pêcheur)
  • Assurage réalisé, de préférence à l’aide d’un système d’assurage « frein » de type «tube »

Pour l’escalade en moulinette et pour éviter tout retour au sol

  • Placer un noeud de sécurité type « queue de vache » juste en dessous du système frein de l’assureur dès que les mains du grimpeur dépassent 4 mètres environ.

Pour l’escalade en tête

  • Vérifier préalablement les capacités de l’assureur à être vigilant, à manipuler le frein avec aisance et compétence: mobilité, gestion de la tension de la corde, communication efficace, observation du grimpeur pour anticiper.
  • Aménager des situations d’apprentissage progressives  avec des dispositifs de sécurité adaptés tels que par exemple l’escalade en « fausse tête » ou assurage simultané en tête et en moulinette.
  • Vérifier qu’au pied des voies aucun obstacle et aucun matériel ne constitue un danger lors d’une chute
  • Pré-mousquetonner les 2 premières dégaines pour les départs délicats pour éviter les retours au sol

Dans le cadre de l’association sportive, des sections sportives ou de stage d’escalade

  • Faire apprendre et superviser avec soin les manoeuvres particulières telles que relais intermédiaire ou manoeuvre du « maillon rapide »

Pour l’escalade en bloc

Elle offre dans un espace réduit une pratique riche et ludique en toute sécurité: rochers extérieurs, salle de pan ou encore zone basse d’une SAE. Cela consiste pour l’élève à réussir des passages de quelques mouvements à faible hauteur du sol. Moins perturbés par la hauteur, par les problèmes de corde et de sécurité, les élèves pensent moins au vide et se déplacent en développant des compétences motrices riches. Les progrès sont rapides pour l’élève.

  • La corde et le baudrier non nécessaires
  • La présence de surfaces de réception adaptées à la hauteur de pratique limitent les conséquences d’une chute même si des techniques de parade, de réception et de désescalade sont à apprendre.
  • Sur les SAE, la hauteur maximum est localisée à hauteur de la 1er dégaine
  • Les espaces réservés à chaque bloc doivent être séparés de sorte que les collisions soient impossibles.
  • Les zones de réception sous chaque bloc doivent être matérialisées au sol et différenciées des espaces de cheminement ou d’attente réservée au repos et/ou à l’observation.
  • L’usage de l’espace de bloc en bas de voies interdit toute forme d’évolution au-dessus de lui, avec corde.

Toutes ces vérifications doivent être obligatoirement contrôlées par le professeur avant d’autoriser le départ d’un grimpeur sur une voie.

La simple surveillance à distance est insuffisante pour assurer efficacement la sécurité des élèves.


Quelques illustrations

Confection d’un noeud de 8 d’encordement doublé avec noeud d’arrêt

 

Système de frein type « Tube »

 

Co-vérification systématique

 

Consignes FFME pour l’escalade en bloc

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